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le 21/5
Novembre 2007. O.J. Mayo fait pour la énième fois la couverture de SLAM. « The Fresh Prince of L.A. », comme titré, aborde sa première et unique saison d’étudiant athlète à USC. L’occasion pour les médias, y compris le célèbre mensuel américain, d’encenser un peu plus celui qui depuis ses 14 ans est le symbole même de la hype. La faute à un parcours High School sans la moindre embuche ou presque : scoreur insatiable, arrière à la fois extrêmement puissant et rapide, Mayo est un surdoué de la balle, clairement. Le genre de joueur que l’on qualifie volontiers de messie et dont tout agent souhaiterait gérer le business.
Tous les moyens sont donc bons pour attirer la cible dans ses filets. C’est en tout cas la théorie que semble défendre Rodney Guillory, organisateur d’événements dans l’Etat de Californie. Ce dernier a la particularité d’être rattaché à l’agence BDA (Bill Duffy Associates), qui représente à l’heure actuelle 35 joueurs NBA, dont les « gros » que sont Steve Nash ou Yao Ming. Lui et O.J. se sont rencontrés lors du traditionnel ABCD Camp, alors que commençait à se créer un véritable halo autour du gamin de West Virginia. Les deux sympathisent très vite, allant jusqu’à devenir des amis proches. Mieux, le plus jeune voit son aîné comme un modèle : " Rodney est à coup sur la personne la plus impressionnante que j’ai côtoyé, c’est vraiment un type bien ". Un jugement que ne partage pas le gotha universitaire, pour avoir déjà subi les méthodes douteuses de l'intéressé.
Notamment avec Tito Maddox, point guard ultra prometteur originaire de Compton, tout comme Guillory. En 2000, jouant sa première saison universitaire du côté de Fresno State, il avoue avoir reçu gracieusement un vol aller-retour L.A/Las Vegas des mains de Guillory (alors rattaché à Franchise Sports), afin qu’il y rencontre les dirigeants de l’agence. La NCAA est pourtant claire sur ce point : aucun étudiant athlète n’est en droit de recevoir quelconque cadeau d’une tierce personne. Elle punit donc le Freshman pour les 8 premiers matches de la saison. Mais en acceptant un simple billet, Tito se retrouve piégé comme un enfant dans un magasin de bonbons. Il n’a qu’à claquer des doigts pour obtenir ce qu’il souhaite. Dès lors qu’il s’engage avec Franchise Sports, les cadeaux pleuvent. Au total, c’est près de 30.000 dollars qui sont fournis au Californien, dont plusieurs voitures haut de gamme. De quoi faire rêver n’importe quel prospect désireux de faire sortir mère, frères et sœurs du ghetto. Les choses s’enveniment quand Fresno apprend que ledit Maddox profite des billets offerts par ses agents pour rendre visite à sa dulcinée. Une erreur de trop qui mènera à l’inégibilité pour la saison 2001-02. Le truand plie bagage et dénonce quelques mois plus tard les pratiques pour le moins "borderline" de l’homme qui lui a ruiné sa carrière, évoquant notamment l’argent perçu sous la table. " Il m’a fait croire qu’il voulait m’aider, mais il ne m’a jamais expliqué les règles ". Des déclarations qui lui vaudront d’être privé de bourse par sa fac pour les 3 prochaines saisons et d’être mis à probation pendant deux années. Aïe !!
C’est donc attentivement que, dimanche dernier, nous écoutions les déclarations de Louis Johnson, dans le Broadcast Outside The Lines d’ESPN. L’ancien associé de Guillory a dit tout haut ce que la foule pensait tout bas depuis la signature de l’idole à Southern California : " Rodney a été chargé il y a quatre ans de cela d’attirer O.J. chez BDA. L’agence lui a confié une enveloppe de 200.000 dollars, afin qu’il le gatte avec une partie de cette somme ". Résultat des courses : ce sont à nouveau 30.000 dollars qui viennent gonfler le capital financier de l’égérie. Tout y passe, des simples vêtements et repas aux abonnements téléphoniques, en passant par un écran plasma dernier cri. USC avait connaissance du passé de Guillory, en premier lieu le coach Tim « Pink » Floyd. Mais trop soucieux de garder son poulain, il a rapidement compris que dénoncer Rodney reviendrait à dénoncer Mayo. Du coup, Timmy n’a pas osé moufter de la saison, pensant que rien ne se passerait. Mais ça, c’était mal connaître son joueur. « L’autre O.J. » n’est en effet pas du genre à tenir en place bien longtemps. Décrié pour ses insultes aux arbitres, les bagarres avec ces mêmes "referees", et les possessions d’herbes illégales, il avait déjà enfreint une des règles NCAA le 21 janvier en acceptant des places pour la rencontre Lakers/Nuggets. Les sièges, placés juste à côté du terrain avait été délivré par un certain Carmelo Anthony, représenté par … BDA Sports ! Le plus drôle dans tout ça, c’est que le joueur avait consulté son coach avant d’accepter les tickets. A Floyd de rétorquer : " Tu le connais depuis quand ? La classe de 5ème ? C’est un ami, accepte-les. ". Un modèle de bonne conduite décidément ce Floyd…

L’affaire fait grand bruit sur le campus et rappelle les tribulations du footballeur Reggie Bush, Trojan de 2003 à 2005. L’actuel Running-Back des New Orleans Saints en NFL, aurait reçu près de 100.000 dollars sur la seule saison 2005. Les présomptions se sont transformées en secret de polichinelle quand le livre Tarnished Heisman sorti début 2007, révélait le scandale au grand jour. Bush, vainqueur du Heisman Trophy (celui de meilleur footballeur NCAA), pourrait ainsi se voir railler du palmarès et affronter des sanctions similaires à celle d’un Maddox.
Mayo lui continue de nier sans broncher : " Ma famille n’a jamais accepté quoi que ce soit. La NCAA doit faire son travail ! ". Pour l’instant, c’est pourtant bel et bien la star locale qui semble déranger Myles Brand, le président de la NCAA. Ce dernier a d’ailleurs déclaré mettre tout en œuvre pour clore le dossier au plus vite et que si sanction est nécessitée, sanction il y aura.
En attendant de voir les répercussions sur la carrière du joueur, la Fac de USC a elle d’ores et déjà perdu du crédit. Ce qu’estime DeMar DeRozan, l’un des top prospects High School et qui s’est officiellement engagé avec les Trojans en novembre. Il a confirmé dans le courant de la semaine, que si SC se voyait sanctionner, il forcerait l’annulation de l’accord et considérerait d’autres programmes. Just wait and see…
Théo